Menu principal:
Chapitres
Dimanche 16 novembre 2008, Décollage de Paris Orly Sud prévu à 9 h 15, arrivée à l’aéroport de Bamako Sénou vers 13 h55 (Compagnie Aérienne du Mali). Avec les grèves des personnels naviguant d’air France, l’avion a pris un peu de retard. Pier de Angeli nous a confirmé l’heure d’arrivée. Il est au bureau donc ne pourra pas nous rejoindre à l’aéroport.
JP et Isa ont bien cru ne jamais arriver car la Mercèdes louée par leur chauffeur, Mahamane, avait quelques problèmes d’allumage et calait sans crier gare. Dans un village elle s'est arrêtée et a du être poussée pour repartir. Finalement ils sont bien là et c'est presque le principal. Vivement l'atterissage d'Andrée. Elle relève d'un problème à sa jambe et son fauteuil déglingué ne pouvait pas lui maintenir son pied en hauteur. Il est 14h30, elle arrive boitillant mais elle est là !
Andrée apparait derrière les vitres et fait coucou. Sortie dans les premières elle a confié à un porteur le soin de lui récupérer son bagage. Le tapis marche et la sortie des passagers de l'aérogare s'organise. JP et Isa attendent à la porte, après le contrôle des bagages.. Certes avancer jusqu'ici n'est pas vraiment autorisé mais avec un peu de l'autorité donnée par la couleur de peau, "Pas de problème". La situation est classique : où sont donc les tickets des bagages ? En effet à Bamako la sécurité est attentive essentiellement aux preuves de propriété des bagages et, pour les sortir, il faut prouver que ce sont les siens. Andrée fouille ses poches, son sac, les poches du porteur et finalement les retrouve. Le porteur emporte les bagages jusqu’à la voiture et fait remarquer à JP qu’il n’a touché qu’un euro ce qui est peu. Grand seigneur, JP récupère l’euro et donne 500 FCFA soit 76 centimes. Le porteur est très content. Il fait 35° ce qui change des conditions automnales de Paris. Andrée est fatiguée mais ravie. Vivement le Niger et sa fraicheur. Tombouctiou nous voici !
Direction l’hôtel Dafina qui n’est pas l'hôtel habituel. Un forum international sur la santé (qui en a bien besoin) se tient à Bamako et donc "la Chaumière" n’a plus de place. JP et isa sont installés dans une chambre avec salon, le mobilier date de l’époque coloniale. S’il était bien entretenu il aurait de la classe. Pour Andrée, ce n’est pas la même chose, ils l’ont installée en second étage. Nous demandons une chambre en rez de chaissée mais tout est complet. Le réceptionniste reste sourd à notre demande. Andrée a fait une phlébite il y a deux mois ne peut pas ou difficilement monter les escaliers. Vraiment pas commercial pour deux sous, en revanche il n’oublie pas de se prendre une commission sur la "suite" occupée par JP et Isa, car Andrée va dormir dans le« salon » en effet, il y a un lit et… un hic, car il y a bien une clim mais en panne. Isa rappelle Pier vers 18 heures il est bien rentré chez lui mais a un rendez vous qui risque de ne pas se terminer avant 21 heures, ça risque d’être trop pour Andrée qui est fatiguée, nous reportons donc à demain et décidons d’aller au LOFT, un resto sympa, ambiance cosy, et de la bonne cuisine de chez nous.
De retour à l’hôtel, nous nous couchons tôt, Andrée ne voulant pas déranger, car elle tousse, ferme la porte de communication et se fait dévorer par les moustiques. Vers 1 h 30 du matin, JP et Isa allument et Andrée pointe son nez, pour raconter ses misères. Elle accepte finalement de dormir porte ouverte.… La clim fonctionnant dans la chambre. Elle fonctionne mais est adapté au volume d’une petite pièce et donc ahane sans vraiment refroidir la pièce.
Lundi 17 novembre, En fin de compte nous avons bien dormi après le petit intermède de la nuit. Andrée s’est bien fait piquer, il va falloir passer à la pharmacie pour acheter une crème adaptée. En attendant petit déjeuner sous la paillotte et direction Centre ville pour les courses via "la Chaumière" pour réserver deux chambres pour le 1er décembre. Dany le propriétaire est là et Isa enprofite pour pleurer un peu sur notre sort, ses regrets de ne pas avoir pu être chez eux. Après nos achats au pas de course, passage chez l’avocat et coup de fil à YS que JP verra demain. Déjeuner buffet à l’Appaloosa dans le quartier du fleuve. JP raconte que c'est ici que nous avons rencontrés des joueurs de BBO lors de notre première venue. Souvenirs, souvenirs... et puis c'est aussi un bar à putes renommé après la tombée de la nuit.
De retour à l’hôtel, nous demandons à la réception que le lit Andrée soit fait et qu’on nous apporte une lampe de chevet comme promis. Isa en profite pour demander du papier toilette et Jean-Pierre qu’on vienne voir les toilettes qui refluent. Après cela JP rencontre le gérant qui commence à lui dire que la suite n’est pas à 40 000 F la nuit mais 55 000 F, ben voyons avec une clim en panne il se fout de nous. Du coup il se met en rogne et nous dit de partir. Donc on va pour rechercher un nouvel hôtel, mais il est rapide le bougre, il rappelle Jean-Pierre et après moult discussions et visite de la suite présidentielle (qui elle coute 55 000 F), il cède et nous fait payer le prix affiché.
Pier nous rejoint vers 19 h 30, avec des chocolats nous débouchons le champagne, et prenons l’apéritif en devisant sur l’avenir des affaires de l’Aga Kan. Après direction le restaurant le Campagnard, trop enfumé, nous repartons et allons à la Chaumière pour y diner léger. Retour à l’hôtel et dodo.
Mardi 18 novembre, on passe à la fourmi pour les dernière courses puis direction chez Youssouf, on y dépose JP, Mahamane emmène ces dames vers la COMATEX (compagnie Malienne de Textile) pour y acheter des tissus d’une part pour faire des nappes pour Andrée et des pagnes pour faire des chemises ou autre chose pour Isa. Sur la route nous nous faisons arrêter par un policier, Mahamane demande s’il a fait une infraction ? Non il veut voir les papiers du véhicule et regarder derrière qui nous sommes, je crois qu’il aimerait bien un petit bakchich, comme je le vois tatillon, je lui montre la carte consulaire, tout va bien on peut repartir. Alors que nous revenons avec Mahamane vers le RV de JP, il appelle car il nous attend. Discours habituel de Youssouf : on a des problèmes, personne n’a de voiture à te passer. L’argent tu l’auras la semaine prochaine. JP le sens de plus en plus mal.
Il est 11 h 30, nous partons vers le musée national pour une visite. Les expositions permanentes sont toujours les mêmes : de trés beaux objets donnés par les douanes qui les ont prélevés sur des voleurs qui les exportaientillégalement. mais à qui les avaient ils achetés ? Qui donc pilote les fouilles et fournit ces objets pour collectionneurs ? Toujours est il que vius verrez sans doute plus de choses au Louvre ou quai Branly. l'exposition sur les tissus maliens est aussi intéressante notamment s'agissant des éléments retrouvés au pays dogon. Une boisson rafraichissante est la bienvenue et nous nous reposons après cet intermède culturel. cette fois-ci, il n’y a pas d’expo temporaire. On part déjeuner léger au Relais, nous mangerons mieux sur le bateau ce soir.
Direction Koulikoro pour aller prendre nos billets et embarquer sur le bateau « Général Soumaré »,
Trajet sans problème. La route est bordée d’entreprises – comment dire – plus « modernes » que d’ordinaire au Mali – enfin moins décrépites. Les villages sont sans intérêt en particulier Koulikoro. JP s’attendait à une grosse bourgade compte tenu de l’implantation de nombreuses écoles militaires mais non. Une super zone et un port réduit à un débarcadère. Tristounet.
16 h 20, la caissière qui tient le bâtiment de la COMANAV nous dit qu’il faut attendre le chef d’escale ; il s’occupe des touristes. Elle est très impressionnée par notre réservation des cabines « luxe ». C’est un peu exceptionnel. En fait c’est sans doute la première et dernière fois que ces cabines sont louées. Aussi sommes nous hôtes de marque et installés dans le bureau de l’adjoint (pièce servant, à l’évidence, de cantine au personnel). Les bagages sont descendus du véhicule, entreposés dans ce même bureau et Mahamanne repart. Il lui faut rentrer sur Koutiala enrécupérant (c’est ce que nous pensons) madame à Bamako.
JP reçoit un coup de fil du juge qui l’informe que les propos de l’avocat des administrateurs ne vont pas lui permettre de prononcer la main levée sur le véhicule. Déjà les salaires trainent… Mais pensons plutôt au voyage. Le chef d’escale arrive vers 16 h 45 et explique que l’eau du fleuve ayant baissé cette semaine, les bancs de sable ont bougé ; la navigation de nuit n’est pas sure et le bateau ne lèvera l’ancre que demain matin à 6 heures. Nous arriverons à Tombouctou non pas le samedi matin mais probablement le soir vers 19 heures. qu’a cela ne tienne du moment qu’on peut dormir dès ce soir sur le bateau et y manger. Il nous délivre les billets aller mais n’a pas reçu de consigne pour le retour. Nous préférerions tout lui verser la totalité dés à présent. Ce serait du liquide en moins dans nos poches. En effet, au Mali tout se paye en liquide. Même les billets d’avion ! Alors pour le bateau il a fallu vider le compte en banque et sortir les liasses de 100 billets. Finalement il réfléchit et nous prend aussi la somme pour le retour. Il téléphonera demain au chef de l’escale de Tombouctou. Devons nous lui faire confiance ? Finalement nous décidons que le risque est infime. Nous réglons aller et retour. Les piles de billet deviennent intéressantes. En effet au Mali la plus grosse coupure est de 10 000 F CFA soit 15 euros et la somme que nous remettons est rondelette : bien plus qu'un million de FCFA (1500 euros). Il nous présente au patron du voyage qui nous fait visiter et choisir les cabines. Pas de gros problème mais draps et oreillers manquent. Pour les draps ils arrivent. Pour les oreillers… Ils vont être achetés toute affaire cessante. Vu la somme laissée tout à l’heure sur le bureau c’est le minimum. Les serrures des cabines présentent des faiblesses ; elles vont être changées.
Pour dormir à bord dés ce soir pas de problème ; pour manger, il faut nous débrouiller car on ne peut pas faire la cuisine tant que le bateau n’est pas route, le repas de ce soir sera servi le samedi midi. Il y a un taxi qui est là ; Jean-Pierre va le voir pour savoir s’il peut nous emmener en ville et surtout nous trouver un restaurant genre maquis (le maquis est un restaurant malien où l’on mange du poulet rôti). Le chauffeur est de Bamako et ne connait pas. Il veut bien nous prendre moyennant 1000 F pour nous emmener au restaurant de l’hôtel cinq étoile du coin ou au moins dans un lieu pour européen Non il n’y a rien de tout ça à Koulikoro, c’est ce qui résulte d’une consultation des autochtones au long du chemin. Enfin si ; on trouve un lieu de jumelage franco-malien où on sait qu’ils font de la cuisine malienne correcte. Jean-Pierre interroge les deux femmes qui sont là, elles n’ont pas envie de nous faire de la cuisine et pour le retour il n’y a pas de taxi. Un responsable malien d’une ONG nous propose de nous raccompagner à pieds après le repas mais finalement nous n’avons vraiment pas envie d’errer dans Koulikoro la nuit. Ce n’est pas sympathique et ces dames nous font la tête… Qu’aurions-nous à manger ? Et à boire ? Pas la peine de prendre le risque d’une intoxication dés le départ. Le taxi nous raccompagne donc car nous sommes « les vieux ». Ici à 50 ans on est vieillards, alors nous...
Retour au point de départ. JP va s’enquérir de bouteilles fraiches à la « buvette restaurant » bizarre du port. De l’eau… pas de problème ! Tirée directement du Niger (là j’exagère). Enfin pas d’eau en bouteille. La tenancière et la secrétaire de la COMANAV m’engagent à en acheter une caisse pour le voyage. D’ailleurs un Kroumir local se propose pour aller nous en chercher à pas cher : 600F la bouteille. Isa pousse des cris et piaille car le prix est trop élevé. Finalement JP accompagnera. Chemin faisant il devise avec le vieillard qui approche la cinquantaine et fait de petits boulots. Il gagnait bien sa vie du temps d’une ONG mais depuis qu’elle a changé de point d’application il vivote. Nous arrivons finalement à l’épicerie où l’eau est à 400F. Une caisse de 12 et nous voila repartis vers le bateau. Nous rejoignons ces dames sur la passerelle et JP donne un pourboire « royal » au porteur d’eau.
Nous avons de l’apéro (Campari pour Andrée et Pastis pour Isa et JP) servi dans des tasses ainsi que quelques gâteaux salés, cacahouètes et 2 bananes pour ces dames. C’est byzance et ça fera l’affaire pour ce soir. De toute façon nous sommes épuisés et les lits semblent bons.
Contrairement à ce que nous pensions, les cabines ne communiquent pas par un espace commun et sont même éloignées ; chacune se trouve d’un côté du bateau et elles sont séparées par la cabine de pilotage et la salle à manger. Comme le pont promenade, historiquement réservé aux premières, est squatté par les familles, nous devrons nous déplacer. Rien de bien grave. Pas de douche ce soir car pas d’eau tant que le navire ne fait pas fonctionner son moteur. L’électricité tout de même. Et puis des draps et des oreillers achetés en urgence. Ce sont des coussins en mousse entourés d’une toile. Rudimentaire… malien.